L’Eglise d’Afrique a pris part à l’ouverture officielle du Synode avec une délégation de dix membres composée d’évêques, prêtres, religieux, religieuses, laïcs et experts.
Nous nous sommes entretenus avec Mère Marie Diouf, Supérieure Générale des Filles du Saint Cœur de Marie au Sénégal et Vice-Présidente de la Conférence des Supérieur(e)s Majeur(e)s d’Afrique et de Madagascar (COSMAM) pour recueillir ses impressions et les enjeux d’une telle rencontre pour l’Eglise.

1- Révérende Mère Marie Diouf, vous venez de vivre l’ouverture du Synode sur la Synodalité autour du Saint-Père, le Pape François. Pouvez-vous nous partager vos impressions ?

J’ai à la fois un sentiment de joie, de fierté et de responsabilité. Nous entendions toujours parler les pères synodaux et y participer en tant que femme m’a profondément réjouie.

2- Quels seront les enjeux d’une telle rencontre pour l’Eglise en général et pour nous en Afrique ?
Les enjeux sont multiples, car parler de synodalité, c’est parler de communion, marcher ensemble, participer, etc.
Nous sommes dans le contexte du Concile Vatican II, qui a beaucoup parlé de la Communion. Et avec les documents récemment publiés tels que Laudato Si, nous devons nous occuper de notre Maison Commune. Nous sommes tous frères, nous devons marcher ensemble et, voilà ce que révèle le thème sur la synodalité. Effectivement, nous devons nous sentir frères, parce que personne n’est une île, personne ne peut aller tout seul. Et la pandémie nous a rappelés que nous sommes une même humanité !
Parler de synodalité, c’est aussi nous situer en tant que fidèles du Christ tout simplement. Tous baptisés, que nous soyons hommes ou femmes nous avons la même dignité. Lumen Gentium nous l’a rappelé, le Code de Droit Canonique aussi ; même si nous avons des ministères et des charismes différents. C’est tout simplement partir du baptême, tous baptisés, tous frères. Et nous avons la mission commune.

3- Que pouvons nous retenir en tant que Filles du Saint Cœur de Marie ?
En tant que Filles du Saint Cœur de Marie, nous avons déjà commencé. Il suffit pour nous de continuer. Ces dernières années nous avons beaucoup parler de fraternité. Fille du saint cœur rime avec une spiritualité du cœur, une spiritualité de l’amour, comme Marie à Cana, l’attention aux personne. C’est aussi cette spiritualité de l’écoute, de la prévenance, de fraternité. En somme, les filles du Saint Cœur de Marie sont bien placées pour vivre cela : être tout simplement Marie, au cœur de nos peuples pour révéler le visage de la Trinité.
Notre spiritualité en tant que filles du Saint Cœur de Marie est proche de ce thème de la synodalité, qui est un thème de la communion, de la participation. Et nous devons profiter de ce thème de la synodalité pour exprimer davantage ce que nous sommes. C’est une spiritualité de la rencontre, de la proximité ! Car la synodalité c’est ce qui exprime vraiment la nature de l’Eglise. Et je crois que la synodalité explique aussi la nature de notre Institut. C’est cela que le Pape attend de l’Eglise et de nous, dans le contexte actuel.

4- Et qu’est-ce que la synodalité ?
La synodalité commence dans la liturgie. C’est cette communion que nous vivons autour du Christ, de l’Eucharistie, autour de la Trinité. Entre cette synodalité autour du Christ et la mission commune, il y a des gestes tout simples qui sont des gestes de respect, de reconnaissance des charismes et des familles religieuses.
Que nous soyons clercs, consacrés, laïcs, nous avons la même dignité, la même mission et nous devons tous vivre cette communion autour de la Trinité ! C’est cela que le Christ a fait, en marchant avec les disciples d’Emmaüs.
A présent, le travail va continuer dans les diocèses, dans les familles religieuses, et remonter à Rome. Les méthodes vont naturellement changer pour que tout le monde ait droit à la parole et que le document à sortir puisse refléter les attentes et que le visage de l’Eglise puisse réellement changer.

Propos recueillis par
Sr Anne-Germaine Marie Ndione